La polygynie

La polygynie est un système d’appariement polygame, dans lequel chaque femelle est fécondée par un mâle tandis que chaque mâle peut féconder plusieurs femelles. Ce système d’appariement est fréquent (voir la règle) dans le monde animal, où la monogamie est assez exceptionnelle.

La polygynie résulte essentiellement de l’anisogamie: la différence qui existe entre les gamètes femelles (qui contiennent des réserves énergétiques importantes, dont la production est donc couteuse et qui sont produits en petite quantité) et les gamètes mâles (beaucoup plus petits, sans réserve énergétique et produits en grande quantité). Selon les espèces le rapport de taille entre un ovule et un spermatozoïde peut-être de 50 à 80 en faveur de l’ovule.

Le mâle a intérêt pour maximiser son succès reproductif à s’accoupler avec plusieurs femelles. La femelle une fois ses ovules fécondés n’augmentera pas son succès reproductif en s’accouplant avec d’autres mâles, mais par contre tirera profit (pour sa descendance) du choix qu’elle aura fait en ayant choisi un “bon” mâle pour se reproduire. Le sexe qui investit le plus dans la production de gamètes est plus sélectif dans le choix de son partenaire, c’est le principe de TRIVERS (DANCHIN, et al., 2012) qui a pour conséquence la sélection sexuelle.

Dans le mode d’appariement par polygynie il existe très souvent un dimorphisme sexuel important avec chez les mâles des caractères sexuels secondaires développés (couleur, ornement, taille…) favorisant ainsi l’accès au partenaire sexuel. Ce dimorphisme est très fréquent chez les Cichlidés du Malawi. Les mâles polygynes ont par ailleurs des taux de testostérone plus élevés et outre leur dimorphisme marqué sont généralement plus agressifs dans la compétition inter-mâles qui précède l’accès à la partenaire (BRUSLE, et al., 2012).

La polygynie basée sur la monopolisation des ressources

Un mâle s’approprie un territoire riche en ressources alimentaires où les femelles pourront se nourrir facilement.

Il semble s’agir d’un mode d’appariement pratiqué en particulier par certains  Mbuna du Malawi qui défendent des “jardins d’algues”.

Nyassachromis sp. sur son nid dans un lek à Liwewe Reef (octobre 2014)

La polygynie basée sur la monopolisation des femelles

Il s’agit typiquement de la polygynie de harem, dans laquelle un groupe de femelles est monopolisé par un seul mâle. Les femelles, vivent ici sur le territoire défendu par un mâle.
Ce type de polygynie est assez répandus chez les mammifères (cervidés, lions…) et chez les poissons?

lionnes dans le « South Luangwa national Park » en Zambie

La polygynie de Lek

Un lek (mot suédois signifiant arène) est un territoire sans ressource où se réunissent les mâles pour parader (GIRALDEAU, et al., 2009) et où les femelles ont le libre choix de leur partenaire.

Il y a peu de contrainte sur les femelles, mais dans ce type d’appariement, la sélection sexuelle est très forte et les mâles de “meilleur qualité” laissent peu de chance aux autres.

La plupart des Cichlidés sabulicoles du Malawi se reproduisent sur ce modèle, dans des arènes parsemées de nombreux édifices. Certains sont de taille imposante, Nyassachromis microcephalus construit un volcan à raison d’un cm de hauteur par jour pendant 3 semaines (GENNER, et al., 2008).

La taille et la hauteur du nid, constituent des critères honnêtes de choix pour la femelle, permettant d’apprécier la vigueur du mâle (BRUSLE, et al., 2012).

Les mâles de “meilleur qualité” sont situés au centre du lek (moins exposé aux prédateurs). Il peut exister au sein d’un même lek plusieurs type de nid correspondant à des espèces différentes. L’aspect du nid est un des moyens pour la femelle de reconnaitre un mâle conspécifique.

Il semble que les mâles et les femelles tirent profit de ce mode d’appariement. Le regroupement à un moment où les parades attirent les prédateurs, diminue le risque de prédation.

Pour les mâles

  • Plus le lek est important plus il est visité et plus il y aura de copulation.
  • Les mâles secondaires (sneakers) ont plus de chance d’accéder aux femelles s’ils sont proches des mâles dominants.

Pour les femelles

Le lek favoriserait une comparaison plus rapide des mâles, et pour les jeunes femelles inexpérimentées favoriserait l’apprentissage du choix en copiant les femelles expérimentées.